De quel niveau de langue votre équipe a-t-elle réellement besoin ?

Demandez à la plupart des gens ce que signifie le niveau B1 et vous obtiendrez probablement un haussement d’épaules. Demandez-leur si un collègue de niveau B1 est capable de gérer seul un appel avec un client, et l’hésitation sera sans doute beaucoup plus longue.

C’est bien là le problème de ces niveaux. Ils sont précis, mais ne disent finalement pas grand-chose. A2, B1, B2 indiquent où se situe une personne sur l’échelle du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Mais ils ne vous disent pas comment cette personne réagira lorsqu’elle sera en réunion et qu’on lui posera directement une question.

Nous travaillons avec une échelle de dix niveaux, car l’écart entre deux niveaux du CECRL est beaucoup trop important pour être réellement utile lorsqu’il s’agit de planifier une formation. Mais pour déterminer les besoins de votre équipe, il est plus pertinent de raisonner en étapes plutôt qu’en points sur une échelle. Voici donc ce que chacune de ces étapes signifie concrètement dans une journée de travail ordinaire.

échelle de niveaux

Premiers pas (A0 à A1)
Des toutes premières notions aux bases de la langue. Une personne de niveau A1 peut se présenter, poser des questions simples et y répondre, et mener un premier échange si son interlocuteur parle plus lentement et l’aide si nécessaire. Elle ne peut pas encore suivre une conversation entre deux locuteurs natifs – et on ne peut pas attendre d’elle qu’elle le fasse.

À ce stade, l’objectif est de prendre l’habitude de parler dès le premier jour, plutôt que d’accumuler du vocabulaire qui ne sera jamais utilisé.

Fonctionnel (A2)
La langue commence à devenir réellement utile. La personne peut expliquer ce qu’elle fait, gérer des échanges courants, effectuer une réservation et faire face aux situations quotidiennes au travail sans devoir revenir systématiquement à sa langue maternelle. Vers la fin de ce niveau, elle peut entamer, maintenir et conclure une conversation, signaler un problème et proposer une solution.

En réunion, elle pourra toutefois suivre les grandes lignes de la discussion, mais en perdra souvent les détails. C’est à ce stade que de nombreux apprenants ressentent le plus fortement le décalage : ils comprennent bien plus qu’ils ne sont capables d’exprimer.

Niveau opérationnel (B1)
C’est à ce niveau qu’une langue devient véritablement utilisable dans un contexte professionnel. La personne peut tenir une conversation sur des sujets familiers, donner des conseils, gérer seule des interactions courantes avec des clients et rédiger une note ou un message simple sans avoir constamment besoin de corrections. Dans la partie supérieure de ce niveau, elle peut faire un compte rendu structuré et répondre spontanément à des questions au travail.

Sous pression, elle hésitera encore et aura tendance à utiliser des mots plus simples que dans sa langue maternelle. Mais elle participe activement à l’échange au lieu de simplement le suivre.

Professionnel (B2)
À ce niveau, la personne peut prendre les devants. Un locuteur B2 peut participer activement à une discussion avec plusieurs locuteurs natifs, formuler une proposition, exprimer son désaccord et défendre son point de vue, ou encore faire une présentation sans suivre un texte préparé. Il commence également à saisir ce qui n’est pas dit explicitement.

Pour la plupart des fonctions professionnelles, c’est le niveau à partir duquel ce n’est plus seulement le degré d’aisance qui change, mais aussi ce que la personne est réellement capable de faire dans la langue. C’est également le niveau que la plupart des entreprises devraient viser pour les collaborateurs en contact avec les clients.

Avancé (C1 à C2)
La personne s’exprime avec aisance et flexibilité. Elle peut gérer des situations complexes ou délicates, adapter son registre en fonction de ses interlocuteurs, intervenir lors d’une conférence et rédiger un e-mail professionnel, un rapport ou une proposition sans avoir besoin d’une relecture. Au sommet de l’échelle, elle utilise la langue avec une aisance, une précision et une fluidité exceptionnelles.

La langue n’est plus quelque chose qu’elle doit gérer consciemment. C’est simplement un outil qu’elle utilise.

De quel niveau votre équipe a-t-elle réellement besoin ?
Tout dépend de ce que vos collaborateurs doivent être capables de faire.

Si l’objectif est de pouvoir accueillir un client et échanger quelques banalités, le niveau A2 suffit. Si une personne doit pouvoir participer activement à une réunion de projet, il faut plutôt viser le niveau B1. Si elle doit diriger la réunion, négocier ou faire une présentation devant un groupe, il faut atteindre le niveau B2 – et il n’existe pas de raccourci pour y parvenir.

L’erreur consiste à viser un niveau plutôt qu’une compétence concrète. « Nous voulons que notre équipe atteigne le niveau B2 » reste un objectif assez abstrait. « Nos account managers doivent pouvoir gérer des appels avec des clients sans passer à leur langue maternelle » est en revanche un objectif autour duquel on peut réellement construire une formation – et dont on peut ensuite mesurer l’atteinte.

Pourquoi un seul niveau ne dit jamais tout
Nous évaluons chaque participant avant le début d’une formation, mais l’objectif n’est pas simplement de lui attribuer un niveau. Il s’agit surtout d’identifier l’écart entre ses différentes compétences.

Une personne peut avoir un niveau B2 en compréhension et A2 en expression orale. Une formation construite autour d’un seul niveau global passerait complètement à côté de cette réalité. Or, c’est généralement dans cet écart que se situe le véritable travail à accomplir. C’est pourquoi nous construisons nos formations autour de ce que la personne doit être capable de faire dans la langue, et pas uniquement autour du niveau qu’elle obtient lors d’un test.

Notre échelle complète de dix niveaux, avec une description détaillée de chacun d’entre eux, est disponible sur notre page consacrée aux niveaux.

Et si vous souhaitez savoir où se situe réellement votre équipe aujourd’hui, c’est précisément l’objectif de nos tests linguistiques.